Broie du rêve

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vendredi, juin 20 2008

Super Nacho, un héros moyen

Super Nacho, kesaco ? Un film, dont le héros, bien que moyen, est interprété avec brio par Jack Black (King Kong, Soyez sympas rembobinez,…). Super Nacho (Nacho Libre, en vo), est tiré d’une histoire vraie, celle d’un moine mexicain qui la nuit laissait libre cour à sa passion : le lucha libre ou catch mexicain - le monde est formidable.

Au fin fond de son monastère, Nacho cuisine des plats pour les orphelins, plats se composant généralement d’une bouillie infâme, faute de moyens. Traité en inférieur par les autres moines, désireux d’une autre vie, Nacho décide de devenir lutteur, suite à une rencontre improbable avec celui qui deviendra son fidèle acolyte, El Squeletto (joué par l’irrésistible Hector Jiménez). Seulement voilà, Nacho a mangé trop de tacos et de burritos quand il était petit, quand à Squeletto, sûrement pas assez. Pourtant, ils se lanceront corps et âme dans l’aventure, les primes de match permettant d’améliorer la qualité de vie des orphelins, et le leur aussi au passage, tant qu’à faire.

Super Nacho, c’est un film de losers qui rêvent de gloire, aux qualités morales discutables mais profondément humains. Attachants, on suit nos deux héros dans leurs aventures, priant pour leur réussite, mais que voulez vous, ils sont si maladroits ! Drôle, frais, agréable, Super Nacho est un beau film, sincère, plein d’espoir et de cÅ“ur, véritable bouffée d’oxygène dans un monde prompt à écraser les plus faibles.

Le film fut un joli succès aux Etats Unis, mais n’a pas rencontré son public ailleurs, faute à une distribution hasardeuse (8 copies en France…). A croire que nos deux héros n’ont pas un physique suffisamment vendeur ?


Nacho libre


Nacho libre 2


Nacho libre 3

mardi, juin 10 2008

Carpe Diem

Je refuse catégoriquement de mourir avant d’avoir accompli les choses suivantes :

- me faire tatouer

- traverser les états unis avec une vieille décapotable

- voir un iceberg

- écrire un livre

- apprendre à jouer d’un instrument

- jouer avec une véritable épée

- voir un volcan en éruption

- peindre un tableau

- déserter mon travail un jour où il fait beau

- participer une manif d’altermondialistes

jeudi, mai 29 2008

Voyageurs français, ignorons nous !

Au gré de mes voyages, j’ai assisté plusieurs fois à une scène qui m’a toujours paru curieuse : la réaction d’un français lorsqu’il rencontre un de ses concitoyens en territoire étranger. Lorsqu’un italien croise un de ses semblables dans un autre pays, vous pouvez être certains qu’ils riront ensembles de bon cÅ“ur : vous pensez, le monde est petit, un autre italien en chine, c’est pas croyable, et vous venez d’où ? del nord ? anche io !, mama mia et tutti quanti. Ils sont heureux de se retrouver entre compatriotes.

Entre deux français, la rencontre prend une tout autre tournure. Dans le meilleur des cas, bonjour poli, peut être quelques questions sur le voyage, mais en conservant tout de même une attitude distante. Mais la réaction la plus courante, c’est de s’ignorer. Tant mieux, tant pis, je ne sais pas trop, même si je ne peux m’empêcher de jalouser cette franche camaraderie nationaliste qui semble être de mise entre les voyageurs des autres pays. Plus intéressant, on entend parfois râler : « tiens, il y a d’autres français, non mais regarde comme ils se comportent, quelle image de la France, etc.», ou des critiques directement liées à la personne « non mais ces habits, c’est pas croyable, etc Â»

L’explication ? Nous sommes souvent très critiques vis-à-vis de notre pays et de nos concitoyens, peut être plus qu’ailleurs. Mais une autre réponse m’a été donné par une amie, alors que nous croisions des français dans un coin perdu à tokyo : « ha merde, des français, ça gâche tout». En croisant ces français, nous nous sommes brutalement souvenus que les vacances touchaient à leurs fins, et qu’une tout autre réalité nous attendait à notre retour en France.

Voyageurs français, je vous hais.

Je tiens à préciser que tout ceci est bien entendu un point de vue strictement personnel, en relation directe avec mes propres expériences de vieux baroudeur (…). Il convient également de préciser que tout ceci ne concerne pas les voyages en groupe, où l’on se fait tout de suite un groupe d’amis, que l’on ne rappelle jamais, cela va s’en dire.

CIMG2213.JPG

jeudi, mai 22 2008

Partons à Tokyo...

Je vous propose une petite ballade à Tokyo à travers ces quelques clichés pris lors de mes voyages, où j’ai délibérément choisi d’éviter les habituelles photos de temples et de grattes ciels, pour quelque chose d’un peu plus vivant, du moins je l’espère.

Commençons par prendre le métro…

Metro japonais

Le métro japonais est propre, le métro japonais est rapide, le métro japonais est le métro idéal…à l’exception des heures de pointes (ou « loi de la sardine »). Des écrans indiquent où l’on se situe et quels sont les prochains arrêts, ainsi que la météo, et des pubs, beaucoup de pubs. Oui, l’idéal a un sale arrière goût de capitalisme parfois. Petite digression au sujet des trains : les sièges sont amovibles. Vous ne supportez pas d’être dans le mauvais sens du train ? Une petite pression sur le bouton. Si vous êtes ingénieur à la sncf et que vous lisez ceci, je vous en prie, pensez-y. Si le métro est si propre et si calme, c’est surtout en raison de ses usagers : propres, discrets, respectueux…de l’autre ? De l’ordre social plutôt. Ce qui explique les rues propres, le matériel non détérioré…Eloge du système japonais ? Pas vraiment : si la conscience de groupe rend la vie en société plus agréable, l’individu se noie dans la masse. On perd en individualité ce qu’on gagne en bien être social.

Foule japonaise

Ca doit pas être évident d’être un ado au japon…

Jeunesse Harajuku

Quoique : la jeunesse tokyoïte est sans conteste la plus délirante qu’il m’eut été donné de voir. Les jeunes sont excentriques, sont prêts à toutes les folies…puis rentrent dans le rang à un certain âge. Même s’il semblerait que de plus en plus se révoltent face à cette situation, et décident de continuer la fête en accumulant les petits boulots. Les sociologues doivent s’en donner à cÅ“ur joie.

Arrêtons nous un instant sur le cas particulier des ganguro : de jeunes japonaises bronzées à l’excès, blondes peroxydées, refusant les valeurs japonaises et préférant vivre « hors système ». Mouvement punk ? hippie? Rien d’aussi élaboré hélas : aucune critique sociale de fond, il ne s’agit que d’adolescentes paumées se complaisant dans la superficialité. Là encore, du pain bénit pour nos amis sociologues.

Ganguro Harajuku

Harajuku, quartier de cette jeunesse tokyoïte, où l’on peut trouver des centaines de magasins de vêtements et surtout le yoyogi parc , où tout les week-ends se rassemblent les cosplayeurs (jeunes déguisés en héros de mangas ou de jeux vidéos) qui sont là pour….pour rien en fait : ils restent assis et se font photographiés, peut être dans l’espoir de se faire remarquer par un professionnel, je n’en sais rien. Certains valent le détour :

Cosplay harajuku 1

Cosplay harajuku 2

Des groupes jouent également de la musique tout au long du parc. Les musiciens s’éclatent, le public aussi…c’est vraiment chouette.

Harajuku groupe 1

Harajuku groupe 2

Une autre réalité côtoie ces parcs, symbolisée par des tentes bleues, où dorment les SDF. L’attitude des japonais par rapport aux SDF est très simple : il les ignore. Le phénomène est marginal, et très différent de ce que nous connaissons chez nous. Ils ne pratiquent pas la manche par exemple. Je pense que la plupart d’entre eux ont des petits boulots, mais ne gagnent pas assez pour louer un logement. Pour ce qui est des tentes, je suppose que c’est la municipalité qui leur fournit.

Yoyogi parc SDF

Curieux personnage croisé le long du parc…

Photo prise au yoyogi parc : j’aime le contraste crée par leurs tenues et les petites glaces – bleu pour le garçon, rose pour la fille.

Harajuku jeunes glaces

Quelques photos en vrac :

Snoopy, Dark vador et des écolières…

Snoopy

Un salary man…

Snoopy Dark Vador

Ici, on peut semble-t-il faire l’amour avec poupées. Le japon est un pays formidable.

Akihabara sexual doll

S’il commence à pleuvoir, tous les magasins mettent en place ces distributeurs de « sac pour parapluie ». C’est représentatif de toutes ces petites astuces qu’ont trouvé les japonais pour rendre la vie quotidienne plus simple. « C’est tout con mais fallait y penser », le leitmotiv japonais.

Parapluie

De la même façon, toutes les rues ont des pavés avec des signalisations pour les aveugles, qui leurs permettent de se diriger et de savoir s’ils arrivent devant un croisement, le métro,… Pas de photo, désolé.

Le romantisme kitch…il s’agit d’un distributeur à…cadenas. Vous achetez votre cadenas, vous écrivez un mot dessus ou vous y mettez une photo de votre couple…et vous fermez le cadenas sur les grilles prévues à côté de la machine. Comme me l’a fait judicieusement fait remarquer une amie, ils gardent les pieds sur terres : le cadenas est livré avec une clef.

Cadenas

Devant la plupart des restaurants, les plats proposés sont représentés en cire dans une vitrine à l'extérieure du bâtiment. On voit exactement ce qu'on aura dans son assiette une fois à l 'intérieur...

Plats cire

Disons nous au revoir sur ce drôle de bateau pirate, aperçu voguant sur la baie de tokyo…(pour les connaisseurs, il s’agit du bateau du manga « one piece »)

One piece

J’espère que cela vous a plu. Si vous souhaitez d’autres photos, des éclaircissements sur certains points, n’hésitez pas.

mardi, avril 29 2008

Je parler français

« Je parler français Â» est le titre de l’autobiographie de David Sedaris,où il raconte son enfance, la vie new yorkaise, son expérience dans l’enseignement, et surtout son installation en France et le difficile apprentissage de la langue française. Un ton léger, des pointes d’humour savamment distillées et surtout la vision d’un américain fraichement débarqué dans notre beau pays avec pour seul bagage linguistique le mot « bouchon ».

Sans être véritablement drôle, le livre est plaisant et nous fait décrocher quelques sourires – avec une mention spéciale pour ses cours de français, sous le joug d’un professeur tyrannique. On se prend rapidement de sympathie pour le héros, et les pages défilent sans que l’on s’en rende compte : un livre sympathique.

Comme d’habitude, voici un petit extrait pour vous mettre en appétit :

« Avec le temps, il devint impossible de croire que nous nous améliorerons un jour. L’automne était arrivé et il pleuvait tous les jours, ce qui nous valait engueulade sur engueulade à cause de nos manteaux et nos parapluies qui dégoulinaient de partout. Mais le clash a finit par avoir lieu au beau milieu du mois d’octobre, quand la prof m’a désigné du doigt en proclamant : « Chaque jour que je passe avec vous est plus douloureux qu’une césarienne. Â»

A ces mots, je futs littéralement émerveillé. Pour la première fois depuis mon arrivée en France, j’avais compris tout ce qu’on venait de me dire. Hélas, comprendre ce que l’on entend ne veut pas nécessairement dire que l’on va parler la langue du jour au lendemain. Loin s’en faut. Ce n’est qu’un petit pas en avant, rien de plus, mais ce que cela rapporte est à la fois enivrant et illusoire. Aussi la prof-a-t-elle continué ses invectives et je me suis carré confortablement dans mon siège, submergé par la beauté subtile de toute nouvelle insulte et gros mot dont elle m’abreuvait. « -j’en ai marre de vos conneries ; j’ai beau déployer tous les efforts possibles, je ne récolte que douleur ! Est-ce que vous comprenez au moins ce que je veux dire ? » C’est à ce moment là que le voile du monde s’est déchiré devant mes yeux et je lui ai répondu avec jubilation : « -Je sais la chose que vous parlez exact maintenant. Mais je vous que vous parlez à moi plus, s’il vous plaît, vous parlez encore à moi plus ».

vendredi, avril 11 2008

Putain de guerre

Aujourd’hui j’aimerais vous parler de « Putain de Guerre ! », livre témoignage de Joshua Key, jeune américain ayant participé à la dernière guerre d’irak, et aujourd’hui recherché pour désertion.

Ce livre est un livre important, écrit avec des mots simples mais des mots vrais, des mots d’un jeune gamin d’amérique qui voulait une vie simple, mais qui sera confronté à l’horreur de la guerre.

Joshua Key nous raconte son enfance et les raisons de son engagement, sa formation, son arrivée en irak et ce qu’il a conduit à la désertion. Il parle honnêtement, sans la moindre complaisance et sans rechercher l’émotion à tout prix. Ce livre est ce qu’il est et ce qu’il a vu, les horreurs de la guerre et son absurdité. Un livre qui secoue et donne à réfléchir, bien plus que les milliers d’articles et ouvrages parus sur le sujet.

"Je n'aurais jamais cru que j'allais perdre mon pays ni imaginé qu'il m'abandonnerait. J'ai été élevé en bon patriote américain, j'ai appris à respecter mon gouvernement et à croire en mon président. Il y a dix ans à peine, je jouais au football au lycée, je vivais dans une caravane avec ma mère et mon beau-père, je bossais et j'espérais fonder une famille dans la seule ville que je connaissais à ce moment-là: Guthrie dans l'Oklahoma, dix mille habitants. A l'époque, j'aurais éclaté de rire si on m'avait dit que j'allais devenir un criminel recherché par la police, que j'allais vivre la vie d'un fugitif et que j'allais faire de ma femme et de mes enfants des exilés quand nous fuirions des Etats-Unis en franchissant la frontière canadienne.

Voilà l'histoire de ce que j'ai infligé au peuple irakien et de ce que j'ai vu mes compatriotes américains lui infliger. Pourquoi j'ai déserté et pourquoi je suis devenu un hors-la-loi dans mon propre pays. En Irak, on a fait de moi un criminel. Mais je ne le suis plus et jamais je ne le redeviendrai."

vendredi, avril 4 2008

O bella ciao, ciao

Le premier post de mon blog sera dédié à un livre, mon livre de chevet et compagnon de route, "Les Ritals", de Cavanna.

Cavanna, pour ceux qui connaissent pas, et j’en fais partie, il bossait à Charlie Hebdo.

(ca vous donne idée du ton et des idées)

Et Cavanna, c’est un fils de rital par son père, et il raconte son enfance de rital au cœur d’une France d’avant guerre. L’univers ouvrier, ses malheurs et sa joie de vivre, ses rires et ses larmes...

C'est aussi - et surtout - la déclaration d'amour d'un gosse à son père.

Un livre sincère, honnête, touchant, vrai.

Un ptit extrait, hop :

« Quand papa en a bien marre de se faire traiter de feignant et de rital par sa panthère, il descend dans la rue faire un tour. Maman pourrait continuer à lui gueuler dessus par la fenêtre, mais elle a son quant-à-soi, elle est française, elle, elle ne vit pas à ciel ouvert sur la place publique, elle a bien trop de fierté pour ça. Elle se contente de ronchonner à la cantonade, à grosse rocailleuse voix morvandelle, en secouant sa literie avec haine, et tous les feignants du monde en prennent un sacré coup, je nomme personne, et tous ces mielleux et tous ces pouilleux qui viennent manger le pain des Français sans avoir le courage de vous dire merde en face, race d’hypocrites, ah ! là ! là ! à bon entendeur, salut.

Maman, quelle bourrasque ! »