Le Blog de mica

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mardi, mai 15 2012

L'appel à cotisation

Ce matin j’ai reçu un mail interne à l a boîte. Une des nanas du service accueil a envoyé à tout le monde un appel à cotisation. En effet, une de ses collègues fête ce mois-ci ses 50 ans et son mariage…

A priori rien de bien méchant et plutôt du genre réjouissant non? Sauf que celle pour qui il faudrait généreusement donner à un passif…

Avant d’entrer en poste dans cette boîte j’ai longtemps travaillé à droite à gauche. Et, j’ai bossé pendant quelques mois avec son ex –mari à cette dame ! Claude… Un type en or, pas très futé, mais généreux, volontaire, travailleur et surtout d’une honnêteté à toute épreuve. Un bon papa bon vivant et attentionné. Le genre de gars que si t’as un soucis un dimanche il vient en courant pour t’aider. Le genre de gars que tu te régales à inviter à boire un coup ou à manger car tu sais qu’il ne te feras jamais de crasses et que ça lui fera toujours plaisir de passer. Le genre de gars que tu es content d’avoir parmi tes proches quand vogue la galère… Toujours souriant, toujours aimable, toujours le sourire aux lèvres… Enfin bref, un type bien. Vraiment bien.

Et voilà qu’un soir il vient me voire en pleur. Du jour au lendemain sa femme s’est barrée… Avec un type à la retraite de la boîte où je bosse aujourd’hui… Du jour au lendemain elle a vidé les comptes, pris les gosses et a mis les voiles. Le matin il partait au boulot comme tous les matins et voilà qu’il se retrouvait le soir même la vie sans dessus dessous. Il a rien vu venir. Oh je condamne pas le fait qu’elle l’ai cocufié ou qu’elle se soit barrée pour un autre, c’est les aléas de la vie ça ! Non, ce qui me débecte c’est la manière dont elle l’a fait…

Donc je disais qu’il a strictement rien vu venir le pauvre, et pourtant elle l’avait préparé son coup de pute ! Il m’a tout déballé ce soir là. Il avait épluché les comptes. Depuis plus de six mois elle piquait sur le compte commun pour mettre sur un deuxième compte en banque dont elle s’est servie pour s’acheter des nouveaux meubles (entre autre) pour son nouvel appart avec l’autre empaffé. Les pseudos stages du week-end s’avéraient être des escapades adultères à la mer… Depuis six mois il se faisait vampirisé sans même s’en apercevoir candide qu’il était. Depuis six mois non content de porter une grosse paire de cornes voilà qu’il se faisait sucer jusqu’à la moëlle…

On l’a ramassé à la petite cuiller le pauvre gars. Même ses gosses ont fini par le rejoindre au bout de quelques jours parce qu’ils ne supportaient plus le comportement de leur mère.

Et voilà que ce matin, une bécasse de l’accueil me demande de cotiser pour le mariage à l’autre tique ? Je me retiens… Je me retiens de leur déballer son linge sale tellement elle m’écoeure !

Elle peut se la mettre au cul ma participation à son mariage tiens !

mercredi, mai 9 2012

Brouillon d'écriture, jeu littéraire mai 2012

Sur le site brouillon d'écriture ils viennent d'ouvrir une rubrique de jeux littéraire. Je m'y suis essayé. Le but? On vous donne quelques mots obligatoires et à vous de créer une histoire avec. Là c'était: 14h72, un prêtre neurasthénique, un ermite et Roland l'éléphant.

Voilà ce que ça a donné pour moi (j'étais inspiré^^)

Le Naadam.

-Par les vénérées sandales du grand Lama ! Déjà 14h72 et nous ne sommes toujours pas en vue d’Oulan Bator ! Tu vas hâter le pas sale bête ?

Désespéré, Erofeï, l’ermite des monts de l’Altaï, juché sur son éléphant houspillait la bête à long nez de ses bottes de cuir dans une vaine tentative de le faire avancer un peu plus vite. Voilà des jours qu’il avait quitté son ermitage solitaire de la haute taïga dans le but de se rendre au Naadam annuel de juillet dans la grande capitale. A cette heure les yourtes des nomades du pays entier devaient pulluler sur la steppe comme une multitude de champignons blancs et bruns dans l’herbe verte de la prairie.

Les nomades de toute la Mongolie se rendent une fois par an à Oulan Bator en un gigantesque rassemblement, le Naadam, où ils pratiquent de nombreux concours de lutte, de tir à l’arc et de courses de chevaux. Initié par le grand Gengis Khan himself comme ils disent là-bas en occident, cette fête retrouvait au fil des ans le lustre perdu sous l’aire soviétique. De plus c’est pour eux l’occasion de tous se retrouver éparpillés qu’ils sont en temps normal dans les étendues sans fin de la steppe.

-Allez mou du genou ! Mais accélères donc !

Calé sur le cou du pachyderme l’ermite commençait à fulminer. Déjà les lutteurs en slips rouges et bleus devaient s’échauffer sous les regards bienveillants de la foule. Sans lui ! Alors qu’il s’entraînait seul dans sa retraite depuis plus d’un an exprès pour cette occasion ! Et à cause de ce foutu éléphant, appelé Roland Bouddha sait pourquoi, voilà qu’il allait rater les phases éliminatoire de la joute !

Sur le coup Erofeï maudissait le moine neurasthénique qui lui avait refilé la bête au moment du départ pour Oulan Bator. En effet, non loin de son ermitage il y avait un monastère bouddhiste tout aussi perdu qui recueuillait des animaux sauvage de toute l’Asie. Les moines, bienveillants et surtout avides des divers trésors de la nature que l’ermite pouvait leur ramener de sa taïga, lui rendaient en retour de nombreux services dont entre autre la possibilité de lui prêter un bête pour ce voyage annuel. Cependant à l’origine le deal était tout autre ! Le moine neurasthénique avec lequel il avait traité, dépressif et maladif comme un fétu d’herbe grise sur une lande de lichen, lui avait promis un magnifique chameau de Bactriane pour lui faciliter le trajet jusqu’au rassemblement. L’ermite devait juste en échange lui amener quelques sacs d’une racine aux vertus anxiolytiques qui ne se trouvait que sur les flanc nord des montagnes de son coin paumé. Le moine avait eu ce qu’il voulait mais n’avait finalement pas pu fournir en retour la rolls du désert promise à cause d’une crise du goûte de la dite bête mais avait tout de même en stock un magnifique éléphant. Nommé Roland.

Et donc à la place de Léo le chameau aussi rapide que le ruisseau Erofeï se retrouvait avec Roland l’éléphant au pas lent…

Le voyage dans les steppes herbeuses avait été particulièrement lent et soporifique. Roland, dont le cuir devait être aussi épais que son caractère placide, refusait obstinément d’avancer plus rapidement malgré les féroces coups de talons de l’ermite lutteur. Et c’est donc dans le doux balancement du pachyderme qu’il voyait défiler les petites collines et les quelques ovoos (monticules de cailloux traditionnels) couverts de tissus bleus qui jalonnaient la piste menant au rassemblement.

-Ah je sais pas qui tu étais avant d’être réincarné sous cette forme mais en tout cas une chose est sûre c’est que tu n’as pas du mourir d’un effort intense dans ta précédente vie, hurla l’ermite que la colère poussait dans ses derniers retranchements ! Tu es mort dans ton sommeil ? Une mouche Tsé-Tsé a eu raison de toi ? Ah si tu pouvais me répondre au moins sale bête !

Erofeï tenta de se calmer un peu et réajusta sa position de cornac des steppes ( !!!).

-Oulan Bator doit être encore au moins six kilomètres alors que le concours de lutte devrait commencer dans quoi ? Vingt ou trente minutes ? En tout cas il me faut trouver un moyen de te faire avancer plus vite sinon j’aurais enduré un an d’entraînement et de privation pour rien ! Si ça continues je vais te tamponner l’anus de poudre de gingembre ! Avec ça tu devrais accélérer la cadence !

-Si tu fais ça je te fous par terre toi et toute ta collection de slips de lutte, je retourne au monastère et tu te démerderas tout seul !

-Hein ? Quoi ? La voix grave inattendue dans cette étendue herbeuse désolée provenait de sous lui.

-Tu m’as compris l’ermite ! Laisse mon fondement en paix sinon tu le regretteras, foi de Roland !

L’ermite faillit chuter du dos de la bête. Il n’osa même pas se rattraper aux oreilles du pachyderme soudainement bavard et se remit en selle comme il put à force de gesticulations.

-Mais… C’est toi qui parles ?

-Bien sûr l’ermite ! Qui veux-tu que ce soit ?

Effectivement, à part L’ermite et l’éléphant la steppe était particulièrement déserte. A peine une petite brise glissant sur les herbes. La grosse tête grise se balançait toujours doucement au rythme chaloupé de la marche. Le pachyderme daigna lever la trompe et l’agiter mollement devant la tête de l’ermite abasourdi.

L’homme mit de longues minutes avant de se remettre de cette nouvelle farfelue.

-Mais comment ça se fait que tu parles ?

-Je ne sais pas, une réincarnation incomplète peut-être ? Qu’en sais-je ? Je ne suis qu’un éléphant !

-C’est dingue quand même ! Un éléphant qui parle ! Mais… Euh… Ils le savent au monastère ? Parce que là quand même c’est spécial !

-Tu rigoles l’artiste ? Ils n’en savent rien ! Je l’ouvre jamais sinon t’imagines le foin que ça ferait ? Là je t’ai causé juste parce que tu t’apprêtais à me faire des cochonneries au trou de balle!

Un peu abasourdi par la révélation Erofeï se replia quelques secondes sur lui-même. La bête parlait ! Et si elle parlait c’est donc aussi qu’elle le comprenait !

-Mais… Euh… Si tu parles c’est que tu me comprends alors ?

-Oui !

-Alors pourquoi ne vas-tu pas plus vite ?

-J’ai pas eu le choix ! J’aurai préféré rester au monastère ! J’ai rien demandé à personne ! Je broutais mon foin pépère dans mon box et voilà que l’autre enfoiré de moine toxico m’a refilé à un ermite lutteur en échange de sa dose. La bête poussa un long soupir. Franchement je vois pas pourquoi je me casserai la trompe à courir la steppe sur des milliers de kilomètres! Pour te voire lutter dans ton petit slip bleu ? Ah ah ! Laisses-moi barrir !

-C’est important pour moi Roland ! Le Naadam n’a lieu qu’une fois par an et je me suis longuement préparé pour ça !

Erofeï sentit les muscles du coup du pachyderme durcir sous l’énervement. Le doux bercement devenait plus cahoteux.

-Et alors ! J’ai rien à voire là-dedans, c’est pas mes oignons ! Tout ce que je veux c’est être peinard et brouter en paix , barrit l’éléphant rageusement.

L’ermite commençait à baisser les bras face à la bête têtue et tenace. Cependant une idée germa dans son esprit.

-Tu sais que si je gagne le concours je serais couvert de présent et la foule sera aux petits soins avec moi !... Et donc aussi avec toi puisque tu seras le vaillant pachyderme qui aura mener le grand vainqueur à travers la steppe. Les gens te couvriront de riches tissus et te gaveront de fruits bien sucrés. Tu seras une star toi aussi !

-Peut-être, grommela l’éléphant ! Mais en attendant vu que t’es gaulé comme un sâdhu diarrhéique tu risques pas de le gagner ce concours ! Ou alors celui de la défaite la plus rapide !

L’ermite ravala la bile qui lui montait soudainement en travers de la gorge.

-C’est vrai que je ne suis pas des plus costauds, admit-il. Mais je joue plus sur le côté agilité. Tel l’anguille je glisse entre les bras de mes adversaires et comme l’écureuil des forêts je bondis à droite à gauche si vite que ton œil ne peut me suivre!

-Bien sûr, ironisa Roland !

-Si si je te jure ! Je me suis entraîné avec des blaireaux des montagnes! Regardes toutes ces griffures sur mon dos ! Et pourtant je suis encore là pour te causer ! Je suis doué tu sais ?

- Arrêtes ton char l’ascète ! Ce ne sont pas des belettes de la taïga que tu auras en face de toi mais des lutteurs mongols ! Tu sais, ceux qui étouffent des tigres de Sibérie de leurs bras nus dans la neige. Ils vont faire du petit bois de ta carcasse d’ermite nourri aux lichens. Et en attendant c’est bibi qui se farcit l’aller et le retour pour que monsieur prenne sa branlée !

Tout occupé à papoter rageusement, Roland et l’ermite ne sentirent pas la cadence s’accélérer légèrement, en effet, la bête s’énervant sous l’entêtement de l’homme celle-ci inconsciemment accélérait le pas.

Se plaignant sur sa condition soudaine de bête de somme Roland avançait désormais d’un pas rapide et cadencé. Comprenant le principe Erofeï continua d’aiguillonner la bête d’habiles paroles jusqu’à ce que les premières yourtes apparaissent sur les flanc d’une faible colline.

Oulan Bator s’étendait devant eux, gigantesque rassemblement de milliers de tentes rondes. La foule pullulait contrastant avec les solitudes des steppes.

Les compétitions n’avaient pas encore débuté et les badauds commençaient à peine à se regrouper autour des stands de nourriture.

Il est inutile de dire qu’Erofeï et son éléphant firent sensation à leur arrivée. Rapidement ils arrivèrent sur la partie du campement réservée aux lutteurs.

-Gares-toi là, chuchota l’ermite à Roland en indiquant une barrière ou de petits chevaux poilus attendaient sagement attachés à une barrière de bois.

L’éléphant râla et se faufila entre deux tarpans des steppes qui s’évanouir presque de peur face à la bête.

Erofeï sauta à terre et commença et à décharger son barda sous le regard amusé des badauds.

Il commençait à peine à dénouer le sac contenant son attirail de lutteur quand soudain une énorme main basanée se posa sur son épaule le clouant dans la terre.

-Attends je vais t’aider, tonna une voix caverneuse qui charriait des cailloux comme un glaciers des rocailles.

Erofeï se retourna et tomba nez à nez avec un nombril. Il leva la tête. Devant lui se tenait un colosse basané aux bras épais comme deux fois ses propres cuisses juste vêtu d’un petit slip bleu, d’un genre de cache cÅ“ur de même couleur qui ne couvrait que les bras et de bottes de cuir. Un lutteur apparemment ! Et le bonhomme presque aussi grand que l’éléphant le regardait l’œil brillant un grand sourire dévoilant ses gigantesques dents blanches.

-Il faut vite te préparer, nous devons nous affronter dans 5 minutes ! J’ai cru que tu n’arriverais pas et que mon premier combat serait gagné par forfait, crut bon d’ajouter le géant.

Erofeï sentit un vent froid dans son dos qui lui hérissa l’échine. C’était le pouffement de rire de l’éléphant qui se retenait de se bidonner en public. Des larmes mouillaient même ses yeux hilares.

-Oui mais euh… En fait non pas la peine monsieur, minauda l’ermite. En fait je viens juste regarder les combats.

Il n’avait aucune chance. L’éléphant ne s’était pas trompé.

-Par contre je veux bien que vous m’indiquiez la buvette s’il vous plait.

jeudi, janvier 19 2012

Kowabunga!

Mardi 17 janvier 2012, 17h43 GMT. Température extérieure 3°C. Hygrométrie faible. Ciel dégagé.

Je viens de récupérer mes deux gosses à l'école après une journée harassante de glan travail. Une torpeur accablante m'étreint dans la voiture tandis que j'envisage les différentes possibilités du repas du soir pour mes chérubins.

Sans me retourner je m'adresse aux deux lascars qui se disputent un peluche qui traînait sur le sol de la voiture.

-"Qu'est-ce que vous voulez manger les gosses ce soir?"

-"Aglou?" Me répond le plus petit. Suivi de "Saucisse?"

-"Des pizzas! On va acheter des pizzas au magasin de pizza papa!" Me lance la plus grande toute excitée. Elle adore commander des pizzas à la pizzeria!

-"Moinaussi!" Hurle le petit qui a très bien compris la signification (quoique la dernière fois il a demandé à la serveuse une quiche...)

L'idée me plaît. Elle me plaît même beaucoup! Pas besoin de faire à manger, pas besoin de faire la vaisselle... Bref, que du bon!

Et dans mon euphorie de leur lancer tout joyeux en faisant une admirable référence hautement culturelle:

-"Kowabunga!"

Là y a eu un blanc dans l'habitacle.

Puis la petite m'a demandé:

-"Kwakakwa? Qu'est-ce tu dis papa?"

Là j'ai réalisé que nous n'avions pas forcément les même références télévisuelles.

-"Ben euh..." (Va expliquer ça tiens!) "Ben c'est un dessin animé de quand j'étais petit... ça s'appelait les tortues ninjas..."

J'ai vu le regard dubitatif de la petite dans le rétroviseur.

-"Et donc les dites tortues ninjas adoraient manger de la pizza dans les égouts... (moue écoeurée de ma petite princesse) et pour signifier leur contentement elles criaient toutes ensembles "Kowabunga!"... pour montrer que ça les rendaient heureuses... Les tortues ninjas..."

Et c'est au fur et à mesure de mon explication et aux coups d'oeils ahuris de la petite que je me suis rendu compte de l'aberration de cette série... et de mon tonitruant "Kowabunga!".

Le silence s'est fait plus épais dans la voiture... Plus lourd... Pendant ce temps le petit avait trouvé au fond de son sac un vieux gâteau à machouiller.

-"Mais euh... Ils étaient débiles les dessins animés de quand tu étais petit papa!"

tortuesnin.jpg

jeudi, janvier 12 2012

Paola : un drame de la vie quotidienne.

Mardi soir, après avoir récupéré ma gosse à 17h30 à l’école, j’ai décidé de l’interroger sur sa journée, manière de savoir si ça c’était bien passé, si elle avait bien travaillé et mangé correctement à la cantine. La nuit commençait à tomber sur la ville. Les lampadaires brillaient faiblement dans la brume givrante qui descendait des pans obscurs de la montagne et se collait implacablement aux vitres opaques des voitures en stationnement.

-« Alors ma puce ? Tu as bien travaillé aujourd’hui ? »

-« Ouais mais c’était dur quand même ! On a fait des mathémastiques et j’ai pas tout compris ! »

-« Mathématiques ! On dit : mathématiques ! »

-« Ah ! Même ça j’ai pas compris tu vois! T’as vu comment c’est dur papa ? »

Pouffant sur mon siège je prenais la direction de l’école maternelle pour récupérer mon petit second voyou.

-« Et à la cantine c’était bon ? Tu as bien mangé cette fois ? »

-« Oh oui ! C’était super ! On a mangé Paola !... et même que j’en ai repris DEUX fois ! Faudra que tu fasses de la Paola à la maison…»

Grand blanc dans l’habitacle. On n’entendait plus que le ronronnement du moteur et le grésillement de la radio.

-« Hein dis Papa ! Tu feras de la Paola ? »

J’ai fini par comprendre quand elle a parlé de poulet, de riz et de « moules mais pas avec des frites »…

-« Ben si tu l’invite mercredi prochain pourquoi pas ! »

mardi, janvier 10 2012

Un petit texte qui va bientôt être publié.

A l'origine cette histoire est une histoire à plusieures mains commencée sur le site d'écriture Legow.tk. Mais au final je suis le seul à y participer de temps en temps. Pour les épisodes précédents vous pouvez les consulter sur le lien suivant:

http://www.legow.tk/humour/l-espace-temps/page-2.html

Il y est arrivé…

Il a réussi à m’attirer dans sa tanière ! Je me suis faite bernée par le vieux grizzly comme la première oursonne venue, attirée par le miel et les confitures de mûres.

Debout devant la fenêtre je contemple la blancheur immaculée de la neige qui recouvre tout. Tout. Y compris le seul chemin qui mène à « la petite maison dans la forêt ».

Aligots, fricandeaux, omelettes aux champignons. Saucisse sèche, jambon cru et pâté de campagne… Les richesses étincelantes de la lointaine Lozère dans sa bouche miroitaient comme des diamants ! Ah ! Il n’a pas tari d’éloges sur sa terre natale le bougre ! Dans notre appartement de la grande ville civilisée il m’avait chanté les bienfaits de sa Lozère natale ! Mes yeux en brillaient d’envie. Il avait juste omis quelques détails… Et moi, blasée du ciment gris et des toits tristes de la capitale, émoussée par les gaz d’échappements nocifs et les publicités murales criardes qui piquent les yeux, je me suis faite éblouir de ces promesses de vie sauvage où la nature règne en maîtresse cruelle et indomptable sur des êtres humains réduits à leur plus simple expression de mammifères affamés profitant des générosités extraordinaires de mère nature.

Un gratin de pommes de terres aux cèpes avec de la crème fraîche. Une soupe de potiron sauvage. Un bon feu de cheminée le cul coincé dans un vieux rocking-chair les doigts de pieds perdus dans l’épaisse fourrure d’ours délicatement étalée sur le vieux parquets grinçant poli par des générations de petits Béberts en culotte courte… Le pied quoi ! Du moins c’est ce que je m’imaginais ! C’était trop beau pour être vrai !

Et puis il y a eu cette coïncidence. Des congés d’hiver communs ! Déjà j’aurais du flairer le piège… Mais les arômes fumés de la charcutaille ont trompé mon flair infaillible. Je me suis faite avoir et maintenant je suis là, bloquée dans sa tanière jusqu’au dégel.

Quand on est parti il faisait beau. Quand on y est arrivé aussi. Froid mais beau ! Les forêts de conifères du Mont Lozère étaient blanchies par le givre et offraient aux touristes citadins de ma trempe un spectacle « nature et découverte Â» de toute beauté que le béton de la ville ignorerait toujours. La route avait été longue et sinueuse. Mais point de feu rouges ou de bus transportant leur lot de visages ternes et tristes ! Par contre qu’est-ce qu’on a pu croiser comme tracteurs, camions citernes (pour collecter le lait dans les fermes qu’il m’a dit mon chauffeur), paysans à mobylettes et autres ruralités incongrues !

Des « Oh Â» et des « Ah Â» ainsi que quelques « beuhhaaah Â» plus tard (ça tourne l’air de rien) nous sommes arrivés au chalet familial du Bébert. C’était une petite maison de rondins du genre de celles où on imagine facilement vivre un grand barbu en chemise à carreaux vivant avec comme seuls compagnons sa hache et son caribou apprivoisé. Enfin bref : un joli petit chalet sentant la résine perdu au milieu d’une forêt de sapins au vert profond et aux sous-bois obscures.

Mais tout ça n’était que promesses ! Du vent ! De la poudreuse aux yeux !

Quand on a débarqué il faisait presque nuit. Et puis surtout il devait faire au moins -20°C ! Et même pas un lampadaire pour nous éclairer. Bébert a du laisser les phares allumés le temps qu’il décharge tout. Moi ? Je suis restée dans la voiture. Trop froid ! Pas habituée ! Je suis une citadine à la peau fine et aux muscles atrophiés ! Après tout c’est lui qui est natif du coin, pas moi ! C’est lui qui a la couenne épaisse et le poil fourni ! En sortant les dernières valises du coffre il m’a dit qu’il allait allumer le groupe électrogène pour qu’on puisse au moins avoir de l’eau chaude dans une ou deux heures.

J’ai rien dit. Me suis juste calfeutrée dans mon gros manteau et ai monté le chauffage de la voiture à fond.

Salaud.

J’ai refusé de sortir de la voiture ! Du moins pas tant qu’un bon feu ne brûlerait pas dans l’âtre et qu’un bon plat typique et surtout bien chaud ne m’attende dans le fauteuil en face de la cheminée salvatrice.

Il l’a allumée la cheminée. Quand je suis rentrée dans le chalet il faisait meilleur ! Au moins deux ou trois degrés de plus que dehors… Je suis directe allée m’asseoir devant le feu. Pas de peau de bête. Pas de rocking-chair. Juste un vieux canapé râpé et une table basse bancale poussiéreuse. Au moins je ne perdrai pas mes orteils cette nuit m’étais-je dit en me couvrant du plaid orange que Bébert avait daigné m’apporter. Avec une assiette où nageait une sardine à l’huile et une tranche de corned-beef. « C’est tout ce que j’ai trouvé dans les placards ! Bon ap’ ! Demain matin j’irai faire les courses. Â» M’avait-il lancé avant d’aller préparer les chambres.

Foutues vacances !

Foutue Lozère où même les corbeaux volent à l’envers pour ne pas voire la misère !

Et foutue nuit !

J’ai pas pu fermer l’œil ! Pas assez de bruits. Trop de silence. Et puis toute cette obscurité insondable autour de ce petit chalet perdu au fond des bois ! J’ai eu beau me calfeutrer sous les trois couvertures je sentais le vent froid de dehors siffler entre les troncs des sapins ! Et puis la forêt c’est farci de bêtes sauvages ! Bébert m’a dit sur la route qu’il y avait des sangliers aux défenses coupantes comme des rasoirs dans les bois autour du chalet et que donc fallait pas s’affoler si on entendait du bruit la nuit. Des sangliers ? Et puis des loups et des ours aussi sûrement non ? J’ai flippé en somme. En plus cet abruti de Bébert n’a pas pu s’empêcher une fois qu’on a eu fini de manger de me raconter l’histoire de la bête du Gévaudan ! Cette bête qui il y a trois cent ans a tué et attaqué des centaines de gens. Bêtes qu’on n’a jamais identifiée et qui reste un mystère. « Et c’est où le Gévaudan ? » Que j’ai demandé. « Ici ! » Qu’il m’a répondu en souriant à la lueur des flammes dans la cheminée. J’ai pas dormi. Je guettais le silence extérieur sentant le regard froid et injecté de sang de la bête surveillant notre petite maison de bois.

Au petit matin, alors qu’un faible rai de lumière traversant l’entrebâillement du volet de bois Bébert vient me chercher. Je suis déjà réveillée depuis un moment quand mon ours apprivoisé tapote à la porte.

« J’arrive Bébert ! » Mais je préfère nettement rester dans le lit bien chaud. Et puis je suis sûre que l’homme va préparer le petit déjeuner en m’attendant ! Allez hop ! Debout !

Bizarrement il fait meilleur ! Ou peut-être est-ce mon corps qui mue pour s’adapter à cet environnement sauvage et cruel ? Je sens d’ailleurs ma peau plus épaisse sous le tissu polaire de mon sous-pull de nuit.

Alors que je sors de la chambre revêtue d’une épaisse robe de chambre molletonnée style années soixante dix l’odeur de café chaud me saute aux narines.

« Yesss ! Du café ! » Cris-je en trottinant jusqu’à la cuisine. « J’ai bien cru que même ça vous connaissiez pas dans votre cambrousse ! »

Sans relever la pique Bébert pose sur moi un regard sombre.

« Il a neigé cette nuit ! » Marmonne-t-il avant d’ingurgiter une lampée de liquide noir et fumant. Il est déjà habillé d’une épaisse chemise bleue et d’un gros pantalon gris. Derrière dans le salon le feu brûle encore. Il a même entretenu le feu cette nuit le bonhomme ! Un vrai gentleman ! (ouf c’est pas ma peau qui s’épaissit ! J’aurai toujours le même teint de velours et la douceur de la pêche !)

« Ah ouais ? » Me suis-je extasiée en me jetant à la fenêtre pour contempler la blancheur immaculée.

J’imagine déjà la poudreuse blanche tapissant le sol noir et les arbre de son coton gelé. Dehors les branches basses des sapins frôlent la masse blanche et froide. Il a même sacrément neigé. La voiture n’est plus qu’un gros monticule comme les tumulus funéraires de peuplades barbares d’antan. On ne voit même plus le chemin.

« Au moins60 cm. Â» Me dit Bébert en reposant sa tasse.

C’est au moment où je m’assoit sur la chaise en bois et que je constate la frugalité de la collation (café, sucre en morceau confiture et biscottes) que je comprend l’expression inquiète de mon Bébert.

La neige.

Le chemin…

« Mais comment tu vas faire pour les courses ? » Cris-je en me levant d’un bon pour inspecter le contenu des placards.

Café. Boîtes de conserve (petit pois, cassoulet, petits pois, blettes, petits pois). Sucre. Et un vieux paquet de pâtes suspect.

« Comment JE vais faire ? JE vais prendre mes skis de fond, mon sac à dos et en avant. L’épicerie est à une heure de marche. JE serai de retour dans trois heures ! Et toi TU n’auras qu’à rester au chaud dans le chalet. La vieille radio doit encore fonctionner.»

J’ai oublié de dire qu’évidement il n’y a pas la télé. C’était tellement logique dans ce trou paumé que je ne m’en était même pas aperçue la veille.

Donc aujourd’hui je vais tenir compagnie à une vieille radio.

Super !

Et puis si les piles sont nazes je pourrais toujours utiliser celle de mon épilateur électrique ! Vu la neige et le froid j’ai tout intérêt à me laisser pousser les poils !

« Alors tu vas me laisser seule ? » Murmure-je en lui faisant des yeux de biche. « Ne tarde pas trop en chemin s’il te plaît. Je ne me sens pas très rassurée au milieu de ces bois. C’est un peu effrayant tout ça ! »

Muet le bonhomme enfile écharpe, gants, polaire et sac à dos. Un gros bonnet de laine lui recouvre le crâne. Alors qu’il ouvre la porte en poussant rudement le tas de neige derrière il se tourne vers moi une dernière fois.

« Attends-moi ici. Je te demande juste d’entretenir le feu. Et si jamais le générateur s’éteint, il y du gasoil dans l’appentis derrière la maison. Par contre fais gaffe en sortant : aux premières neiges les ours blancs ont tendance à rôder autour de la maison ! »

Je ne sais pas trop comment prendre ça !

mercredi, janvier 4 2012

Vu votre manque de réaction quand je montre ma tête et bien je tombe le bas: je vais vous montrer mon cul!

2012 commence en fanfare!

La dernière fois, sur mon précédent billet, je vous ai mis ma tête... Peu d'entre-vous on réagi, c'est pourquoi, dans un élan de générosité envers vous fidèles lecteurs muets j'ai décidé de tombé le bas... Et peut-être, si vous êtes sympathiques et vos commentaires élogieux la prochaine fois daignerai-je vous regardez de face sur la photo. Donc comme promis voici mon cul:




Q



Vous espériez quoi non mais oh!

(je sais c'était facile...)

lundi, décembre 19 2011

attention évènement rarissime: ma tronche!

Aujourd'hui est un jour spécial!

Souhaitant satisfaire la cohorte de femmes hystériques qui n'ont de cesses de réclamer mon corps à grands coups de pleurs et de cris j'ai décidé de dévoiler ma face.

Oui vous ne rêvez pas mesdames! Vous allez enfin voire mon visage!

Mais profitez-en bien car c'est un évènement rare, au même tire qu'une éclipse totale de lune ou un alignement des 8 planètes du système solaire (ne vous suicidez pas pour autant chers fans...). Vous savez que je n'aime pas dévoiler mon visage en public, je préfère rester dans l'ombre.

Cependant, exceptionnellement et sous vos prières incessantes, je vous offre cet inestimable cadeau pour la Noël: MOI.

moche

Et sinon il a neigé cette nuit! :)

neige

Joyeuses fêtes chères fans! Et surtout continuez de penser à moi en mouillant vos petites culottes.

mardi, décembre 6 2011

Highway to hell

Highway to hell

J’ai cru mourir aujourd’hui. Deux Fois…

Depuis deux jours il pleut non stop. Une pluie froide accompagnée de bourrasques capricieuses qui vous arrachent le bonnet et tapissent le sol d’un parterre de feuilles bien glissantes. Un temps d’automne bien pourri à bien rester au chaud en somme !

Et bien moi c’est le moment que j’ai choisi pour me taper deux chantiers en une même matinée, et bien sûr en rase campagne ! Enfin quand je dis en rase campagne je devrais préciser que je devais aller voire deux ruines en rénovation au beau milieu de deux forêts dans la montagne…

Et donc, vaillant et encore sous l’effet de la caféïne matinale, ce matin à 9h j’ai pris ma voiture de service, un magnifique utilitaire genre kangoo deux places ultralight et pneus lisses, et me suis rué dans la pampa pluvieuse et venteuse.

Même pas peur comme dirait ma gosse !

Et donc mon premier rendez-vous m’avait précisé comment atteindre son bled paumé : vous suivez la rive gauche du Tarn, et après le tunnel de Janolles et avant le pont des Alvernhes vous devriez voire un chemin forestier sur votre gauche qui grimpe dans la montagne. Vous le prenez et le suivez pendant 3km et vous arriverez à bon port.

J’ai donc suivi les indications. J’ai pris le tunnel sous une pluie battante et ai repéré le chemin. Ou plutôt le sentier car il ne faisait pas plus de deux mètres de larges et s’enfonçait dans une épaisse forêt de châtaigniers. J’ai fait 20m et là le sentier a commencé à prendre de plus en plus de pente. La boue, plus les feuilles de châtaigner, plus ma voiture ultra light, plus le chemin très étroit avec à droite un talus abrupte et à gauche la roche couverte de mousse et de ronces, j’ai patiné comme un malade pour monter. Je flippais grave imaginant déjà la descente du retour. A certains moments, malgré la marche avant la voiture commençait même à reculer avec derrière moi le chemin en pente abrupte…

J’ai fait deux bornes comme ça la peur au ventre et les jambes tétanisées par le jeu des pédales. J’ai maudit le sale type un bon millier de fois en sentant la mort me frôler lorsque mes roues patinaient dans la bouillasse et se rapprochaient du talus/ravin… Et cette pluie battante qui n’en finissait pas.

Et donc au bout de deux kilomètres cauchemardesques la pente c’est estompée et j’ai pu reprendre mon souffle. Pour m’apercevoir qu’une épaisse chaîne coupait le sentier ! Une chaîne… Avec un cadenas gros comme mon poing bien sûr… J’ai hurlé dans l’habitacle de la voiture. Le chemin était bloqué et je ne pouvais même pas faire demi-tour encastré comme je l’étais sur ce petit sentier. Et derrière moi la descente raide comme une falaise couverte de boues et de feuilles qui m’attendait… Qui plus est en marche arrière.

Machinalement j’ai pris mon portable. Pas de réseau bien sûr ! C’est toujours quand t’en as besoin que le truc il capte plus rien ! Même pas une mini-barre pour signaler ma présence à n’importe qui !

J’ai donc fait ma marche arrière sur ce chemin de la mort. J’ai mis trois quart d’heure pour redescendre ces deux milles mètres. Je ne sais plus combien de fois la voiture a perdu son adhérence pour finir mollement contre le talus rocheux ou contre les arbres bordant le sentier avant le ravin… Tout ce que je sais c’est que j’ai eu peur, qu’il pleuvait des cordes et que j’étais tout seul dans l’habitacle avec ma peur, mon volant, mes pédales et mes rétro latéraux qui me renvoyaient l’image effrayante de ce chemin boueux en pente raide qu’il me fallait redescendre.

J’y suis arrivé… LA preuve je suis là pour vous le décrire ! Et lorsque la voiture s’est immobilisée en bas du chemin à quelques mètres de la route goudronnée (bénie sous la route goudronnée !!!) j’ai coupé le moteur et pris ma tête entre mes mains pour souffler un grand coup.

C’est là que le téléphone a sonné. Enfin pas vraiment sonné ! Il a fait ce petit bip-bip caractéristique de « quelqu’un vous a laissé un message pendant que vous n’étiez pas joignable ». j’ai consulté le répondeur.

« Oui bonjour ! C’est Monsieur L. Nous avions rendez-vous ce matin à 9h30. C’était pour vous dire de ne pas venir, le chemin est impraticable avec la pluie et les feuilles mortes. Moi-même je n’ai pu y monter et la chaîne est donc fermée. N’y aller pas sinon vous serez bloqués ! Bonne Journée ! »

Enculé de réseau ! J’aurai capté que j’aurais pas eu à risquer ma vie !

Et donc, les jambes flageolantes et douloureuses sous l’effort consenti j’ai repris la route direction mon deuxième rendez-vous. Même topo. Maison perdue au milieu des bois, pas de réseau, chemin de terre, feuilles mortes, pentes raides… Enfin la totale ! J’ai cru mourir une deuxième fois… Sauf que là, après avoir passé un premier lac de boue j’ai jeté l’éponge et j’ai fait demi-tour avant de monter plus haut dans la montagne… Tant pis pour le deuxième chantier ! Ils ont qu’à retaper des baraques plus accessibles où empierrer les chemins s’ils veulent de la visite !

Grand bien m’a pris puisque j’ai appris une fois au chaud au bureau que la personne m’avait elle aussi posé un lapin en cette journée humide et froide…

lundi, novembre 28 2011

Justificatif-formulaire 24-12

Noël approche comme vous pouvez le constater. Les guirlandes clignotantes, les boutiques décorées, les rayons de jouets qui s’étoffent et les publicités racoleuses à la télé… Le cortège infernal des marchands de papier cadeau non recyclable et de chocolat à la graisse végétale entame sa ronde annuelle à laquelle seuls quelques Inuits et autres Papous échappent encore par miracle (de Noël ?). Donc c’est Noël. Et mes enfants le savent ! Du coup, les cigales ayant été casse-couilles tout l’été, elles se retrouvent fort dépourvues quand vient le temps du fayotage et des listes de jouets destinées au père Noël sagement tendues de leurs mains innocentes à leurs parents désoeuvrés devant ces regards de biches éplorées. Qui pourrait croire que derrière ces chérubins en bonnet et moufles qui vous caressent la jambe avec leurs sourires disparates (les dents tombant en même temps que les feuilles c’est bien connu) savent aussi être pendant les 10 mois de l’années qui séparent deux Noël d’affreux gnomes puants et bruyants qui vous poussent au suicide les week-end ou le soir après une journée harassante de boulot (si si je vous assure des fois ça arrive) ?

Et donc, hier soir, dimanche donc, après deux jours à lutter contre des montagnes de jouets envahissant les diverses pièces de la maison (j’en ai même retrouvé dans le placard de l’évier), à l’heure heureuse et tant attendue du coucher des marmots, ma plus grande, 6 ans, est venue me voire dans la cuisine le visage fermé et songeur.

Alors que je finissais d’essuyer la vaisselle et de décoller les derniers spaghettis du plafond elle m’a attrapé par le derrière du pull et a tiré doucement pour que je me retourne vers elle.

-« Papa ? »

-« Quoi ! Qu’est-ce tu me veux encore ? » (je sais c’est un peu brusque mais j’en avais ras le bol à cette heure tardive)

-« On n’a pas été gentils moi et mon frère aujourd’hui… On a été méchants avec toi.»

-« Oui c’est vrai ! » Cet aveu spontané d’un des deux coupables sonnait comme une douce mélodie en cette fin de week-end épuisant. J’avais du mal à en croire mes oreilles sur le coup.

-« Mais tu as beaucoup crié sur nous aussi aujourd’hui. Toi aussi tu as été méchant… Â»

J’avoue que là ça me faisait moins plaisir d’entendre ça même si quelque part c’était vrai (j’en ai perdu ma voix d’ailleurs aujourd’hui).

-« Mais tu sais papa, nous on n’est que des zenfants, alors quand on est méchants c’est pas grave hein ?... c’est pas comme vous les grands, nous les zenfants il faut nous pardonner !»

6 ans… Je ne sais pas ce qu’elle me sortira pour se justifier quand elle sera ado mais je crois qu’il me faudra beaucoup de courage…

vendredi, novembre 25 2011

Le prédateur implacable

J’aime les chats, ces petites bêtes à poils doux et au regard mystérieux, à la fois peluche doucereuses et killer à pattes de velours et aux griffes acérées.

J’adore les chats. Chats de gouttière, matou à mémère ou chasseurs de rongeurs invétérés. Cette amour particulier qu’ils portent à ceux qui les entourent qu’on ne peut pas qualifier de maîtres mais plutôt de colocataires car il est de notoriété publique qu’on ne possède pas un chat mais qu’on vit avec parce qu’il le veut bien ! Les chats ont cette indépendance d’esprit et de comportement que les chienchiens n’ont pas. Un proverbe anglais le dit d’ailleurs clairement : « Dogs have masters, Cats have slaves ! »

J’en ai toujours eu au moins deux en permanence à la maison. Dernièrement je suis allé récupérer un chaton qui s’était isolé dans le local poubelles de la grande surface à côté de chez moi. Et hop un de plus ! Enfin bref ! J’aime les chats et arrive difficilement à résister à leur petite frimousse moustachue et à leur regard oriental.

Par chez nous dans mon patelin les chats sont d’ailleurs appelés affectueusement « catamiaou ». N’étant pas originaire du coin je ne peux que me soumettre à diverses hypothèses concernant l’étymologie de cette appellation. Il me semble que cela viendrait d’une dérivation de leur patois local, l’occitan (toujours très imagé), qui donnerait approximativement « canta miaou », ce qui signifierait « chante miaou Â» et qui aurait donné à l’usage « catamiaou »… Enfin ça c’est ma version !

Donc j’aime les chats. Je sais c’est déjà la quatrième fois que le dis mais c’est parce que j’adore ça (et de cinq !). Il me plaît de les observer dans leur quotidien surtout lorsqu’ils sont soudainement repris par cet instinct naturel de grand prédateur. Il n’y a rien de plus gracieux qu’un félin tapis dans les hautes herbes guettant sa proie immobile et prêt à bondir tel la foudre.

Notre voisin a la particularité d’avoir un très grand jardin planté de nombreux arbres fruitiers. Pêchers, cognassiers, noyers, noisetiers et autres joyeusetés pour rongeurs. Et du coup son verger est squatté toutes l’année par un gang d’écureuils (au bas mots 5 ou 6) qui batifolent gaiement dans cet Eden calme et reposant. Si ce n’était mes chats… Quoique le plus doué d’entre eux en 11 ans d’existence n’a réussi qu’une seule fois à me ramener fièrement une musaraigne malade qu’il avait valeureusement capturé tout seul comme un grand. Donc en fait je ne m’en fais pas trop pour Tic et Tac et eux non plus d’ailleurs…

Et donc aujourd’hui, sur les coups de 12h45 après avoir copieusement bâffrer je suis allé me fumer une petite cigarette sur le balcon qui donne sur ce jardin. Un de mes chats, le plus athlétique et téméraire de tous, m’a suivi dehors et s’est précipité dans le verger voisin pour entamer une partie de chasse. Une légère brume couvrait encore le sol s’accrochant en lambeaux cotonneux aux hautes herbes et aux troncs sombres des arbres aux branches torturées. Le prédateur, silencieux comme une brise d’automne s’est glissé entre les arbres pour se tapir dans l’ombre d’un massif de framboises. Là il s’est posé à l’affût assis sur ses pattes arrières immobile dans la brume. Je sentais sous son pelage les muscles bandés prêts à se détendre pour fondre sur sa proie ne laissant aucune chance à la pauvre victime prisonnière de ses griffes acérées et cruelle. Son regard brillait. Il fixait un point à quelques mètres devant lui. Un pêcher au tronc torturé et sombre. Lâchant le fier chasseur du regard je fouillais l’entrelacs de branches noires dénudées pour finalement découvrir la proie : un jeune écureuil roux à la queue en panache. Pauvre victime d’un bourreau silencieux et implacable. Et cet innocent petit rongeurs, n’ayant pas vu la mort qui rode descendit de son arbre. Instinctivement mon regard se reporta sur le fauve impassible toujours assis dans son fourré. Pas un geste, pas un frémissement, et pourtant toujours tendu comme la corde d’une arbalète prête à se détendre et à distribuer la mort. Le petit rongeur atteignit l’herbe puis se rapprocha inconsidérément du taillis meurtrier.

Un frisson parcourut mon échine dans ce froid hivernal. Cruelle nature ! Le jeu mortel du prédateur et de sa proie ! Ce petit écureuil qui ne demandait qu’à vivre dans ce jardins de noix et du fruit savoureux allait connaître la douleur et la mort, le tranchant de ces lames effilées et des ces crocs avides.

Il s’approchait lentement de sa mort, farfouillant le sol à la recherche de quelque pitance sans même savoir qu’il allait devenir celle d’un effroyable prédateur…

L’écureuil releva le museau, aperçut le chat et se figea. Mon chat ne bougea pas ! L’écureuil repartit. Sans que le prédateur ne bougea plus encore.

Puis, une fois le rongeur hors de portée le catamiou daigna lever son séant, fit quelques pas et gratta de la patte avant droite les feuilles devant lui et regagna le chemin de la maison en miaulant. Le fier chasseur était sorti dehors pour faire son caca journalier avant de rentrer à la maison se remettre au chaud parce qu’aujourd’hui il fait sacrément froid quand même !

lundi, novembre 21 2011

Stress hivernal.

Bon ça y est! J'ai confirmation.

Je suis dans une période de stress.

Ces derniers jours je n'étais pas en grande forme. Plus d'humour, plus d'inspiration, plus d'envies fofolles (ou débiles selon ceux qui me connaissent), plus de petite étincelle qui rend la vie par moment pétillante. Seulement une colère sourde, un jemenfoutisme latent et une lassitude agressive... Enfin bref: je ne suis pas dans mon assiette.

Pourquoi?

Ah si seulement je le savais!

Noël qui approche (j'aime pas la Noël)? Ma copine qui est chiante (pourtant c'est habituel)? Le temps pourri (c'est de saison vous me direz)? Les gosses chiants (vu l'âge c'est normal)? Le boulot pète burnes (ça aussi c'est normal)?

Donc je sais pas!

En tout cas mon corps ne me trompe pas: j'ai une particularité quelque peu agaçante en cas de crise de stress. Quand j'ai du soucis je me mets à faire de la dysidrose plantaire. Pour ceux qui ne connaissent pas ce sont des petites cloques qui se forment sur la plante des pieds et/ou des mains et qui grattent horriblement. Et si on a le malheur de les crever ça devient carrément douloureux avec surinfection des plaies et apparition de nouvelles cloques toujours plus nombreuses et irritantes... Moi ça me le fait que sur les pieds. Une cloque, puis deux, puis trois, et ainsi de suite avec l'envie de se gratter abominable jusqu'à faire mal...

Et là depuis deux jour je vois apparaître ces petites cloques vicelardes...

Donc j'en conclue que je suis stressé.

Mon corps ne saurait me mentir lui!

Bon ben j'ai plus qu'à respirer un grand coup et essayer de voire la vie un peu plus en rose si je veux pas douiller...

Faut que je trouve un moyen de remonter ce moral en berne.

Personne ne veut me montrer ses seins? Pour la bonne cause...

vendredi, octobre 7 2011

La prise d'otage

L’autre jour, en revenant d’un rendez-vous dans la pampa, je me suis arrêté non loin de la rivière pour ramasser des noix. Un plein sac. Elles sont belles, grosses et surtout savoureuses cette année. Et donc, après les avoir mis à sécher quelques jours en plein soleil, je me suis décidé hier avec mes affreux à faire des gâteaux. Des creusois pour être précis.

Je sais ! Normalement c’est avec des noisettes… mais là j’avais que des noix donc je l’ai fait avec des noix.

Le creusois c’est mon truc. D’abord je suis de là-bas ! La Creuse… J’adore quand dans les administrations ils me demandent : « C’est où ça le 23 ? La Creuse ? Connais pas, c’est où ? » Donc le creusois c’est mon truc ! Les petits adorent ça, j’adore ça et mes collègues de boulot adorent ça aussi. J’en fais donc toujours deux. Un qu’on mange encore chaud le soir en famille et l’autre que j’amène au taf et qu’on bâfre en comité restreint avec un bon café.

Le secret de ma réussite du creusois ? Une recette ancestrale qu’on se transmet de génération en génération, un secret de famille bien gardé que je cache précieusement dans mon petit classeur de recettes personnelles. C’est un gâteau savoureux à base de noisettes (ou de noix) et de beurre. Un met excellent qui fait du bien au palais et au cerveau. Dans la famille la transmission de ce secret est une tradition qu’on se lègue sans faillir depuis qu’un de mes aïeux l’à choper sur 750g.com.

Je vous livre en exclusivité la recette ancestrale que vous êtes priés de partager afin qu’un maximum de monde profite de ce petit bonheur.

Ingrédients : -5 blancs d’œuf (c’est encore mieux quand ils sortent tout juste du cul des poules mais tout le monde peut pas habiter à la campagne) -130g de sucre -120g de farine -un bon bol de noisettes ou de noix ou des deux mélangées réduites en poudre -120g de beurre -2cuillère de cacao en poudre (ça c’est ma touche perso)

Protocole : -préchauffer le four à 160°C -mettre le beurre à fondre -mélanger la farine, le sucre, la poudre de noix/noisettes et le cacao -ajouter le beurre fondu et bien mélanger -battre les 5 blancs d’œufs très fermes et les ajouter doucement à la préparation dans un geste doux et sûr avec un coup de poignet délicat. -verser le tout dans un moule à tarte beurré généreusement. Moi j’utilise des plats en terre cuite, j’y trouve la cuisson plus uniforme) -cuire 25 à 30 min à 160°C

Si vous vous loupez pas c’est vite fait, facile et surtout super bon.

Et donc j’avais préparé un gâteau pour le taf. J’adore mes collègues : ça fait une semaine qu’ils me harcèlent pour que je leur en fasse un vu que j’ai laissé échappé dans une discussion que « j’ai ramassé des noix et qu’elles sont vachement bonnes cette année ! ».

Ce matin, j’ai donc chargé les deux gosses dans la voiture et le gâteau. Une fois la plus grande posée on a pris la direction de la maternelle. Et là, sur le parking, lorsque le petit est descendu, il tenait jalousement entre ses petits bras serrés le dit gâteau… Et impossible de lui faire poser ! J’allais me faire lyncher au boulot…

-« A moi ! » Qu’il bramait pendant que je tentais d’habiles négociations avec le terroriste en herbe amateur de prises d’otages. Les promesses de rançons en kilos de bonbons et de nougats n’y ont rien fait. Je n’ai pu récupérer le gâteau…

Ce sont donc lui et ses petits copains qui ont bâfré à la récréation de 10 heures pendant que mes collègues déçus se sont contentés des croissants que j’ai attrapés au vol avant d’arriver au taf.

lundi, octobre 3 2011

La malédiction du nain

Voici un petit texte que j'avais mis en ligne sur Legow.tk il y a un peu plus de deux ans. C'est un genre de pastiche de littérature fantasy. Je le mets la parce que je m'étais bien marrer en le rédigeant.

L’enchanteur m’avait pourtant bien prévenu… « Utilise l’élixir avec précaution ! Il est puissant et les effets sont irréversibles ! »

Puissant et irréversible ! Si j’avais su à quel point j’aurais fait plus attention.

Moi Zsobic, guerrier nomade des steppes du nord, épéiste redouté, pourfendeur de vilains, sauveur de veuves et accessoirement d’orphelins – je préfère quand même nettement les veuves- suis aujourd’hui victime de la plus terrible des malédictions ! Un malheureux concours de circonstances me plonge aujourd’hui dans un exil sans fin.

Mon histoire débute il y a plusieurs mois de cela. Je m’étais distingué auprès du roi Xenos lors des combats qui l’avaient opposé aux hordes de gobbelins des montagnes qui lorgnaient les richesses de son royaume. Je faisais partie de la phalange de mercenaires qui fut chargée d’un raid commando au cÅ“ur du campement ennemi. J’avais de mes propres mains occis le chef gobbelin alors qu’il cuvait tranquillement son vin sous sa tente. Gloire et honneurs me furent offerts lors d’une grande cérémonie célebrant la victoire des valeureux combattants. C’est là que ma vie a changé ! Elle était là, dans toute sa splendeur princière, ses courbes voluptueuses magnifiées par sa robe diaphane aux reflets argentés. Ses longs cheveux blonds flottaient sur ses épaules en une cascade d’or. Elle posait son regard émeraude empli de tristesse sur l’assemblée. La vue de cette beauté divine me paralysa. L’orage de l’amour grondait en moi.

D’une bourrade Ragnar me ramena à la réalité.

-« Tu serais pas en train tomber raide dingue de la princesse Simone toi ? » Me murmura-t-il hilare.

-« Alors c’est elle… Princesse Simone ! » M’étonnais-je en essuyant du revers de la manche le filet de bave que j’avais laissé échapper. Puis me souvenant douloureusement d’une information cruciale : « Mais… alors c’est elle que Xenos veut marier à Grück le roi des nains en échange d’un pacte de défense entre leurs peuples ! »

-« Cest con pour elle tu trouve pas ? » Dit-il sarcastique pendant que je la déshabillais du regard en imaginant son corps pur souillé par ce nain puant et velu aux mains câleuses. « L’officialisation de leur union est pour ce soir ! » Avait-il ajouté sournoisement.

-« C’est contre nature… Â» Avais-je murmuré sans pouvoir quitter des yeux la déesse à la beauté divine. « Elle doit être mienne ! » Hurlais-je même intérieurement.

Mais comment faire pour l’extirper des sales pattes de Grück ! Etait-elle seulement sous mon charme ? Avais-je une chance de la séduire et de quitter ce royaume avec elle ? Je nous imaginais déjà chevauchant nos fidèles tarpans à courir les steppes magnifiques et élever nos enfants dans ma grotte natale des monts sanglants. Un garçon et une fille… Moi, elle, une vie heureuse loin des combats… Il me fallait l’avoir à n’importe quel prix ! C’est alors qu’elle portait une coupe de vin à ses lèvres de rubis que l’idée germa… un philtre d’amour ! Rien de plus simple que de lui faire boire lors des festivités de ce soir !

Pris d’un élan plein d’espoir je quittais la cérémonie et me jetais chez mon ami Leroy, enchanteur de métier, magicien attitré du roi Xenos, et surtout triquard à mon égard depuis une sombre histoire d’assassinat de mage concurrent… Ainsi donc je le rejoignais dans son officine et lui demandait le philtre d’amour le plus puissant qu’il puisse réaliser. Un peu de ma semence, queques machins secrets de son cru et le tour fut joué. Celle qui boirait cela serait à tout jamais sous mon charme.

Il me l’a fait le sagouin ce sérum d’amour ! Et que oui que ça a été efficace ! C’est juste que je n’imaginais pas ça comme ça !

Donc le soir même je suis retourné au banquet avec mon précieux élixir caché sous mon pourpoint. La fête battait son plein. Vins et viandes grasses. Rires et chants paillards. A la droite de Xenos assis au centre de la longue table, Simone affichait toujours le même air triste. A ses côtés, dépassant à peine de la table, je reconnus immédiatement le casque à pointes et la tignasse rousse de Grück. Son épaisse main câleuse posée sur le poignet délicat de ma princesse me brûla les yeux et enflamma mon esprit. J’aurais tout donné à ce moment là pour l’éventrer en public et lui tricoter une écharpe avec ses intestins. Ma main se resserra sur la fiole. Il me fallait agir maintenant.

J’attrapai une chope de vin sur le plateau d’un valet et y versais anxieusement l’élixir, puis m’approchais discrètement de la table du roi. Feignant habile ment de lui présenter mes hommages je remplaçais le verre de Simone par celui que j’avais préparé. Alors que je n’étais qu’à quelques centimètres d’elle, elle ne posa même pas les yeux sur mon corps musculeux de guerrier héroïque ! Heureusement que Leroy m’avait préparé ce philtre me dis-je alors en souriant et que je m’éloignait de la table sans perdre de vue la coupe contenant l’élixir d’amour.

Je me rassis à ma place, satisfait de mon larcin et salivant de la vie nouvelle qui m’attendait au bras de cette beauté. Je sentais déjà sa peau de pêche aux arômes de jasmin se frotter à mes muscles saillants… Ses longs cheveux d’or glissant sur mon torse puissant tandis que je l’étreindrai de mes bras d’acier… C’est alors que je me perdais dans ces fantasmes que mon sang quitta mon corps en s’enfuyant par les orteils : Grück venait de se saisir de la coupe de Simone et la vidait d’un trait. Quelques secondes passèrent pendant lesquelles j’adressais une prière aux dieux pour que Leroy se soit trompé et qu’il m’ai refourgué un vulgaire jus totalement inefficace. Mais c’était trop tard… Le regard noir du nabot se porta sur moi et je lus en lui un désir pervers. Il détailla mon corps en se léchant les lèvres et en se caressant le torse. Il m’adressa un grand sourire qui en disait long…

Depuis ce soir maudit je parcours monts et vallées, poursuivi inlassablement par les troupes de l’infâme Grück et ses sombres desseins.

Ainsi débuta cette terrible malédiction… La malédiction du nain… Celle dont je suis victime aujourd’hui et qui me condamne à l’exil ou à milles souffrances.

jeudi, septembre 29 2011

Les trois centimes de la honte

C'est la fin du mois.

Et comme toutes les fins de mois, c'est aussi la fin du frigo, des placards, des repas copieux et du pouvoir d'achat.

Depuis quatre jours il reste 0,46€ sur le compte en banque.

Depuis quatre jours nous nous nourrissons de pâtes, de patates, avec parfois des pâtes pour changer un peu ou bien alors des patates. Et aussi du thon. Il y a toujours une vieille boîte de thon coincée derrière l'étagère du placard dans lequel je peux faire rire le petit grâce à l'écho de mes rouspetages qui se répercutent longtemps dans le vide astral de l'absence de nourriture.

J'exagère un peu quand même. On n’est pas à court de bouffe! Je sais cuisiner de bons petits plats à partir de pas grand-chose... C'est juste un peu répétitif depuis 4 jours.

Et donc, ce matin, sachant que la paie tombe dans la nuit, j'ai décidé d'aller m'acheter un paquet de tabac. Faut dire qu'à force de fumer des brisures depuis une semaine je commence à avoir la voix d’Annie Girardot (grande dame d’ailleurs en passant-une petite pensée pour elle).

Manque de pot, avec 0,46e sur le compte je vais pas pouvoir en prendre. Même pas un cigarillo…

C’est donc plein d’allant et de motivation que j’ai ouvert la boîte à café ce matin où depuis des années j’accumule les pièces rouges. Après un rapide calcul j’y ai prélevé 5e40 en pièces de 5 centimes, soit : 108 pièces de 5 centimes… Comptées et recomptées trois fois pour pas me planter.

Je n’ai trié que les pièces de 5 pour me faciliter le compte et celui du pauvre buraliste qui allait être ma victime…

J’ai tout mis dans mon porte-monnaie que j’avais au préalable vidé (c’était pas compliqué : deux+un, soit trois centimes). J’ai pas réussi à refermer la fermeture éclaire tellement il était plein et j’ai du me balader avec à la main…

Vint l’heure fatidique pour le buraliste. Je l’ai salué et me suis excusé d’avance en lui disant que ce n’était que des pièces de 5 centimes, qu’il y en avait 108, et donc l’appoint pile-poil. 5e40 : juste le prix de mon paquet de tabac à rouler.

Il a fait la gueule quand j’ai versé les pièces dans le petit réceptacle de verre. Puis il a regardé ma gueule qu’il a du trouver suspecte et s’est mis à compter les pièces deux par deux. Il a du me prendre pour un patch ! Faut dire que ça manque pas dans le coin… Je n’étais pas client habituel de ce bureau de tabac ! Et vu la quantité de pièces j’avais préféré changer de crèmerie pour une fois ! Les buralistes c’est comme les boulangeries et les prostituées : chacun a ses préférences et ses petites habitudes (et non je vais pas aux putes : c’est juste pour l’image). Donc autant faire ce genre de coup chez celui où on va jamais pour éviter les représailles…

Et donc, voilà que le grand chauve à l’air patibulaire et au teint terne (il doit en fumer des brisures au kilo lui aussi !) qui se met à compter les pièces devant moi.

Le temps passe. Les pièces aussi.

Et le gros tas de pièces de 5 centimes diminue.

Et le gros buraliste commence à s’énerver.

Et je m’en fout je sais qu’il y a l’appoint alors je souris bêtement chaque fois qu’il relève la tête pour me lancer un regard assassin.

A tient j’ai laissé une pièce de 2 centimes !

J’ai cru que mon cÅ“ur s’arrêtait de battre. J’avais mis une pièce de 2 centimes dans le tas !

Alors que le buraliste en colère continuait de glisser les pièces deux par deux hors du réceptacles dans un crissement obnubilant j’effectuais la peur au ventre le calcul mental rapide du à l’interversion des pièces. 108 moins 5 plus 2… 103 !... 103 centimes. 5e37 ! Il allait me manquer 3 centimes ! Quel con ! Mais quel con !

Pourquoi je ne suis pas aller chez Jeanne comme dab chercher mon pall-mall ! Putain elle m’aurait fait cadeau des 3 centimes elle ! Mais quel con je fais !

Je sentis le malaise me gagner. De lourdes gouttes de sueur froide glissèrent de mon front pour s’éparpiller dans ma barbe de trois jours avant de s’écraser parmi les paquets de chewing-gum sous le comptoir. Je maîtrisais difficilement mes tremblements.

J’allais passer pour LE gros con !

Et le buraliste qui arrivait au bout du tas. Il avait rangé les pièces en petites piles de 10 sagement alignées devant lui.

Lorsqu’il glissa les deux dernières dans sa paume il releva la tête vers moi et m’afficha un grand sourire.

« Tenez, y a trop ! »

Et le voilà qui me rend une pièce de 2 centimes et me donne le paquet de tabac chèrement mérité.

J’avais mal vidé mon porte-monnaie et une pièce était restée coincée au fond…

Ce matin j’ai cru pendant 3 minutes que j’allais péter la honte de ma vie…

vendredi, septembre 16 2011

A fleur de peau

Ce matin après avoir chargé les petits dans la voiture direction l’école la petite m’a demandé de lui mettre « J’t’emmène au vent Â» de Louise attaque dans le poste radio. Machinalement j’ai lancé le CD qui y était sans penser que je l’avais changé il y a quelques jours et ai mis directement la piste 2 sans attendre le début du CD.

La musique a vite envahi l’habitacle de la voiture.

C’était pas Louise Attaque.

''« Un jour je serai là, bien caché sous la terre et plus personne ne me verra regarder sous les jupes des filles »''

J’avais mis « La Trève Â» de Mickey3D une semaine auparavant… Les gosses ont rien dit et ont écouté silencieusement cette chanson qu’ils ne connaissaient pas. Je les en remercie d’ailleurs.

Mickey a continué d’égrener ses paroles sur la mélodie triste et prenante.

''« J'aurai du soleil dans les cheveux J'aurai des nuages dans les yeux Je n'aurai plus peur des orages »''

J’ai eu une bouffée de mélancolie à écouter ce grand dépressif… J’ai senti les larmes monter. Je sais pas pourquoi mais ça m’a remué.

''« Un jour je ne serai plus, je ne serai plus là pour personne et plus personne ne sera là pour exagérer sur ma pomme

J'aurai du soleil dans les cheveux J'aurai des nuages dans les yeux Je n'aurai plus peur des orages, du vide et puis des araignées

Je n'aurai plus peur des orages »''

J’ignore si c’est la mélodie poignante ou les paroles mais j’ai eu des frissons tout le long et les enfants sont restés étrangement calmes derrière. Peut-être ont-ils senti la tempête d’émotions qui secouait leur papa d’habitude solide comme un roc.

En tout cas, grâce à une petite chanson toute bête, je me suis rendu compte que j’étais à fleur de peau… et que la bonne humeur, la faculté à débiter les conneries comme on enfile des perles et la suractivité que j’applique pour régler tous les soucis de la maison ne sont en fait qu’une palissade pour mieux cacher mes petites faiblesses.

Merde Mickey tu fais chier ! J’aime pas flancher comme ça devant les gosses !

mardi, septembre 13 2011

Les vieux crobards

En ce moment, je sais pas pourquoi, je passe mon temps à ouvrir de vieux documents ou à dépoussiérer d'anciennes pochettes oubliées où j'entassais d'antiques bouts de papiers instantanés de petits moments de ma vie.

Cet aprem, en ouvrant un tiroir de mon bureau au taf j'ai mis la main sur une pochette en loque. Je l'ai ouverte et suis tombé sur des vieux crobards bien ringards que j'avais fait en 2006.

2006!

J'entrais à peine dans ma nouvelle boîte où 5 ans plus tard je suis toujours...

Et déja glandeur à l'époque.

ça me fait tout chose!

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J'ai tout perdu depuis! Ne sais plus dessiner...

lundi, septembre 12 2011

Accident de la vie

Un accident de la vie !

Voilà ce que j’entends sans cesse !

C’est un accident de la vie !

Un accident de vélo, bon ben paf ! Tu tombes, t’as mal, tu te soignes et hop ! Tu te remets en scelle.

Mais un accident de la vie… De la vie ! Ca veut dire quoi ? Accident ! Que c’est la faute de personne ! Si ! C’est la faute à « pas d’chance Â» ! Celle-là aussi je l’ai souvent entendu ! Si je le croise Pas d’chance je vais lui accidenter les rotules !

Un bras et une jambe morts et la moitié du cerveau en gelée de groseille. Je vous rassure ce n’est pas moi la victime. C’est mon amie, la mère de notre enfant.

Un accident de la vie ! Oh, je vais pas en pleurer, y a bien pire ailleurs, suffit d’ouvrir les magazines ou d’allumer l’téléviseur ! La vache ! Quand je parle comme ça on dirait du slam.

Un AVC ischémique… Accident Vasculaire Cérébral Ischémique... Verdict ? La faute à qui ? A quoi ? A moi ? A lui ? On ne sait pas ! Voila ce qu’on me dit. Pilule ? Tabac ? Fraises tagada ? La fonte des glaces en Alaska ? Un accident de la vie. Comme on tombe d’un vélo mais sans pouvoir se relever.

Un accident de la vie. Ces mots me sortent par les yeux. A les entendre j’ai la nausée.

Etre condamné à voire ses gosse grandir sans même pouvoir les prendre dans ses bras. Contempler son fils marcher la première fois et ne pas arriver soi-même à assurer ne serait-ce qu’un petit pas. Ne plus que contempler sans participer. Un simple repas, un simple baiser. Juste une douche en toute intimité. Ne serait-ce que s’habiller !

Un banal accident de la vie comme ils le disent si bien !

« C’est un accident de la vie ! Ce doit être dur pour elle. Vous faîtes quoi samedi ? Rien ? Nous on va faire une randonnée pique-nique avec les petits ! »

Souvent j’ai envie de vomir.

edit: aujourd'hui je sais pas pourquoi, et ce malgré le ciel bleu et les oiseaux qui piaillent, j'ai pas vraiment le cœur à rire. J'ai fouillé dans mes vieux documents et j'ai retrouvé ce texte que j'avais écrit il y a un plus d'un an pendant une période difficile...

jeudi, septembre 8 2011

les petits canards sur la banquise.

J'aime mes gosses.

Surtout quand ils causent!

A chaque fois c'est fendard.

Le week-end dernier on est allé en famille à un petit festival sur le Larzac. "Fer et Lames". Démonstration de forge, spectacles équestre, expo de coutellerie artisanale et pleins de stands de bouffe (c'est l'Aveyron). Ah oui j'oubliais le plus important : un spectacle de fauconnerie! Le tout organisé dans un grand haras d'élevage de pur-sang arabe.

On en a bien profité. On a bien mangé. Un peu galéré avec le fauteuil roulant. Mais au final c'était sympa.

Avant de partir nous sommes allés voire les rapaces du spectacles de fauconnerie. Dans les arbres nous avons pu regarder de plus près les beaux volatiles du dresseur: aigle pygargue (celui des américains), grand-duc d'Afrique, faucons et même un vautour chauve... Enfin bref, que des oiseaux sacrément impressionnants quand on s'en rapproche!

Et le plus petit de mes deux gosses, 3 ans, qui se met sous le majestueux aigle Pygargue qui pose sur lui son regard froid et inquiétant de redoutable prédateur. Et là le voilà qui se met à lui dire de sa petite voix d'enfant "Bonjour le cuicui!" et d'embrayer sur un "ho! Le canard!" en montrant du doigt le grand-duc d'Afrique aux serres acérées et au bec menaçant.

Tout le monde a bien rit.

Dans le même genre. Hiver dernier. Température glaciale. Les bords de la rivière couverts de glace. Transis de froid, ma fille et moi sortant de l'école, on traverse le pont en centre-ville. Et la voilà toute ravie qui se met à crier:"Papa! Y a des pingouins sur la glace!" Quand j'y repense je me dis que les canards se les sont bien gelées cette année.

mercredi, août 17 2011

Rencontre du troisième type

Ce matin ma vie a changé. J'ai vu de mes propres yeux un extra-terrestre!

Pour le taf je devais me rendre dans un hameau paumé au fin fond du trou du cul du monde. De vieilles pierres en ruines au bord du Tarn. 45 minutes de voiture de la ville la plus proche.

Un vieux chemin de terre envahi de ronces menant à un antique corps de ferme abandonné et mis en vente par une banque qui l'avait acquis par je ne sais quelle "coïncidence" et le mettait en vente sans y avoir jamais mis les pieds. Une manoeuvre qui m'écoeurait du taf et que donc j'effectuait à contre-coeur.

L'agence immobilière m'avait refilé la clef et montré une vieille photo en noir et blanc pour pas que je me trompe de taudis vu que sur place je ne trouverai personne. Eux aussi m'avouèrent qu'ils n'y étaient pas encore allé...

Encore un de ces village fantôme m'étais-je dis...

Je pris donc la voiture de service, fit le plein par précaution (on sait jamais dans ces déserts ruraux) et remplis le carnet de bord.

Mercredi 19 août 9h30. Température au sol 27°C. Ciel dégagé et touristes en minijuppes. Arrivée prévue 11h.

La route fut longue. Et sinueuse. Je finissai par trouver le petit chemin de terre qui me menait au hameau perdu. Nids de poules, ronces, sangliers qui traversent... Après 10 minutes de route tape-cul j'arrivai enfin dans le truc.

Je dis truc parce que ce genre de hameau traditionnel ressemble souvent à un jeu de Tetris sadique géant. Plein de bâtiments imbriqués les uns dans les autres avcec moultes courts intérieures, caves sombres et autres vieilles bergeries délabrées. Le tout ceinturé d'une épaisse bande d'orties impénétrables pour moi et mon bermudas d'été.

Déja j'ai mis 15 minutes à trouvé la bonne ruine... Puis 10 autres à ouvrir le vieux portail en fer rouillé qui barrait l'entrée de la court intérieur. Le tout avec pour seuls bruits ceux de mes jurons et de mes pas sur les lauses.

Je finis par réussir à entrer. Pour rien à vrai dire puisque que la maison avait du être habitée 50 à 60 ans auparavant et ne disposait donc pas de l'électricité et de l'eau... Je refermai. Tout ça pour constater en 30 secondes ce que l'on me demandait de venir voire.

J'étais d'un coup pressé de rentrer à la civilisation.

Laborieusement je refermai le portail dans un intense effort physique qui me rendit moite de sueur. Grincement lugubre qui résonna dans tout le hameau.

C'est alors que je retournai à ma voiture que je le vis.

Environ 1m50. La peau blanche et ridée. L'allure voûtée. Vêtue d'un long boubou orange fluo et coiffé d'un turban à l'indienne bleu turquoise. Son appendice droit (un bras vraisemblablement) tenait un grand bâton sculpté.

"Ami! Toi venir voire moi heureuse!"

Me lança le petit être en levant l'autre appendice et en se plaçant devant la portière comme pour m'en interdire l'accès. Je dois avouer que j'ai commencer à flipper. Sorti de nulle part dans un bled désert. Sans un bruit, sans prévenir...

"Paix avec toi!" Dit-elle en m'affichant un sourire édenté. Je dis elle car une poitrine pointait sous le boubou orange qui piquait les yeux. Je cru déceler une intonation connue dans la voix de l'être.

Bizarre. Les extra-terrestre aurait donc l'accent anglais?

"Viens boire un tea et fumer un split! Jamais personne passe ici!"

c'est là que j'ai compris. Je suis tombé sur une vieille baba anglaise de 80 ans passés qui squattait seule les lieux sans rien dire à personne. Elle s'était aménagé son petit coin douillé et propret dans une des petites maisons de vigne un peu à l'écart.

J'ai fumé son herbe. J'ai bu son Tea. J'ai bien discuté et j'ai bien ri dans son monde coupé du monde fait d'eau de source, de potager et de cueuillette... Et je suis reparti dans le mien sans rien dire à personne de cette extra-terrestre que j'avais rencontré.

Je le sais désormais: ces aliens sont nos amis...

mardi, juillet 12 2011

Jerry-L'ultime bataille. Spéciale dédicace à Nico et son combat acharné.

A l'époque où j'habitais à côté de Toulouse j'ai aussi rencontré ce souci de Jerry. J'étais célibataire dans un appartement situé dans les combles d'une vieille bâtisse. Restes de repas éparpillés, poubelles pleines à dégueuler, linge sale au quatre coins, cuisine transformé en culture de moisissures et champignons, enfin bref: un appart de mec seul! Rapidement une famille de squatters est venu cohabité dans mon appartement.

Malgré l'efficacité incontestable des tapettes (plusieures victimes par semaines y compris quelques orteils) l'invasion ne pouvait être endiguée. Tous les jours je ramassais donc mon lot de petites crottes noires dans les placards et de cadavres planqués aux endroits stratégiques (la poubelle était dans mon cas le point stratégique de la bataille).

Puis vinrent les vacances scolaires. Je devais partir trois semaines bosser loin de mon appart. J'étais dépité de devoir m'avouer vaincu devant l'envahisseur. Conscient de ma défaite et de laisser les Jerry victorieuses seules sur le champ de bataille je décidai d'adopter la tactique stalinienne de la terre-brûlée utilisée lors de la retraite russe de 1941. Je nettoyais tout, vidais les placards et jetai la poubelle sans y remettre de sac... Et partai.

Quelle ne fut pas ma surprise lors de mon retour. Aucune crotte! Aucune souris! Ce n'est que lorsque je voulu remettre un sac poubelle neuf que j'eu le fin mot de l'histoire: au fond de la poubelle gisaient les squelettes entremêlés d'une dizaine de Jerry et le cadavre entier mais obèse de la dernière à avoir succombé à la faim faute de congénères à grignoter.

J'avais gagné la guerre.

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