Noël approche comme vous pouvez le constater. Les guirlandes clignotantes, les boutiques décorées, les rayons de jouets qui s’étoffent et les publicités racoleuses à la télé… Le cortège infernal des marchands de papier cadeau non recyclable et de chocolat à la graisse végétale entame sa ronde annuelle à laquelle seuls quelques Inuits et autres Papous échappent encore par miracle (de Noël ?). Donc c’est Noël. Et mes enfants le savent ! Du coup, les cigales ayant été casse-couilles tout l’été, elles se retrouvent fort dépourvues quand vient le temps du fayotage et des listes de jouets destinées au père Noël sagement tendues de leurs mains innocentes à leurs parents désoeuvrés devant ces regards de biches éplorées. Qui pourrait croire que derrière ces chérubins en bonnet et moufles qui vous caressent la jambe avec leurs sourires disparates (les dents tombant en même temps que les feuilles c’est bien connu) savent aussi être pendant les 10 mois de l’années qui séparent deux Noël d’affreux gnomes puants et bruyants qui vous poussent au suicide les week-end ou le soir après une journée harassante de boulot (si si je vous assure des fois ça arrive) ?

Et donc, hier soir, dimanche donc, après deux jours à lutter contre des montagnes de jouets envahissant les diverses pièces de la maison (j’en ai même retrouvé dans le placard de l’évier), à l’heure heureuse et tant attendue du coucher des marmots, ma plus grande, 6 ans, est venue me voire dans la cuisine le visage fermé et songeur.

Alors que je finissais d’essuyer la vaisselle et de décoller les derniers spaghettis du plafond elle m’a attrapé par le derrière du pull et a tiré doucement pour que je me retourne vers elle.

-« Papa ? »

-« Quoi ! Qu’est-ce tu me veux encore ? » (je sais c’est un peu brusque mais j’en avais ras le bol à cette heure tardive)

-« On n’a pas été gentils moi et mon frère aujourd’hui… On a été méchants avec toi.»

-« Oui c’est vrai ! » Cet aveu spontané d’un des deux coupables sonnait comme une douce mélodie en cette fin de week-end épuisant. J’avais du mal à en croire mes oreilles sur le coup.

-« Mais tu as beaucoup crié sur nous aussi aujourd’hui. Toi aussi tu as été méchant… Â»

J’avoue que là ça me faisait moins plaisir d’entendre ça même si quelque part c’était vrai (j’en ai perdu ma voix d’ailleurs aujourd’hui).

-« Mais tu sais papa, nous on n’est que des zenfants, alors quand on est méchants c’est pas grave hein ?... c’est pas comme vous les grands, nous les zenfants il faut nous pardonner !»

6 ans… Je ne sais pas ce qu’elle me sortira pour se justifier quand elle sera ado mais je crois qu’il me faudra beaucoup de courage…