Highway to hell
Par mica le mardi, décembre 6 2011, 17:28 - Lien permanent
Highway to hell
J’ai cru mourir aujourd’hui. Deux Fois…
Depuis deux jours il pleut non stop. Une pluie froide accompagnée de bourrasques capricieuses qui vous arrachent le bonnet et tapissent le sol d’un parterre de feuilles bien glissantes. Un temps d’automne bien pourri à bien rester au chaud en somme !
Et bien moi c’est le moment que j’ai choisi pour me taper deux chantiers en une même matinée, et bien sûr en rase campagne ! Enfin quand je dis en rase campagne je devrais préciser que je devais aller voire deux ruines en rénovation au beau milieu de deux forêts dans la montagne…
Et donc, vaillant et encore sous l’effet de la caféïne matinale, ce matin à 9h j’ai pris ma voiture de service, un magnifique utilitaire genre kangoo deux places ultralight et pneus lisses, et me suis rué dans la pampa pluvieuse et venteuse.
Même pas peur comme dirait ma gosse !
Et donc mon premier rendez-vous m’avait précisé comment atteindre son bled paumé : vous suivez la rive gauche du Tarn, et après le tunnel de Janolles et avant le pont des Alvernhes vous devriez voire un chemin forestier sur votre gauche qui grimpe dans la montagne. Vous le prenez et le suivez pendant 3km et vous arriverez à bon port.
J’ai donc suivi les indications. J’ai pris le tunnel sous une pluie battante et ai repéré le chemin. Ou plutôt le sentier car il ne faisait pas plus de deux mètres de larges et s’enfonçait dans une épaisse forêt de châtaigniers. J’ai fait 20m et là le sentier a commencé à prendre de plus en plus de pente. La boue, plus les feuilles de châtaigner, plus ma voiture ultra light, plus le chemin très étroit avec à droite un talus abrupte et à gauche la roche couverte de mousse et de ronces, j’ai patiné comme un malade pour monter. Je flippais grave imaginant déjà la descente du retour. A certains moments, malgré la marche avant la voiture commençait même à reculer avec derrière moi le chemin en pente abrupte…
J’ai fait deux bornes comme ça la peur au ventre et les jambes tétanisées par le jeu des pédales. J’ai maudit le sale type un bon millier de fois en sentant la mort me frôler lorsque mes roues patinaient dans la bouillasse et se rapprochaient du talus/ravin… Et cette pluie battante qui n’en finissait pas.
Et donc au bout de deux kilomètres cauchemardesques la pente c’est estompée et j’ai pu reprendre mon souffle. Pour m’apercevoir qu’une épaisse chaîne coupait le sentier ! Une chaîne… Avec un cadenas gros comme mon poing bien sûr… J’ai hurlé dans l’habitacle de la voiture. Le chemin était bloqué et je ne pouvais même pas faire demi-tour encastré comme je l’étais sur ce petit sentier. Et derrière moi la descente raide comme une falaise couverte de boues et de feuilles qui m’attendait… Qui plus est en marche arrière.
Machinalement j’ai pris mon portable. Pas de réseau bien sûr ! C’est toujours quand t’en as besoin que le truc il capte plus rien ! Même pas une mini-barre pour signaler ma présence à n’importe qui !
J’ai donc fait ma marche arrière sur ce chemin de la mort. J’ai mis trois quart d’heure pour redescendre ces deux milles mètres. Je ne sais plus combien de fois la voiture a perdu son adhérence pour finir mollement contre le talus rocheux ou contre les arbres bordant le sentier avant le ravin… Tout ce que je sais c’est que j’ai eu peur, qu’il pleuvait des cordes et que j’étais tout seul dans l’habitacle avec ma peur, mon volant, mes pédales et mes rétro latéraux qui me renvoyaient l’image effrayante de ce chemin boueux en pente raide qu’il me fallait redescendre.
J’y suis arrivé… LA preuve je suis là pour vous le décrire ! Et lorsque la voiture s’est immobilisée en bas du chemin à quelques mètres de la route goudronnée (bénie sous la route goudronnée !!!) j’ai coupé le moteur et pris ma tête entre mes mains pour souffler un grand coup.
C’est là que le téléphone a sonné. Enfin pas vraiment sonné ! Il a fait ce petit bip-bip caractéristique de « quelqu’un vous a laissé un message pendant que vous n’étiez pas joignable ». j’ai consulté le répondeur.
« Oui bonjour ! C’est Monsieur L. Nous avions rendez-vous ce matin à 9h30. C’était pour vous dire de ne pas venir, le chemin est impraticable avec la pluie et les feuilles mortes. Moi-même je n’ai pu y monter et la chaîne est donc fermée. N’y aller pas sinon vous serez bloqués ! Bonne Journée ! »
Enculé de réseau ! J’aurai capté que j’aurais pas eu à risquer ma vie !
Et donc, les jambes flageolantes et douloureuses sous l’effort consenti j’ai repris la route direction mon deuxième rendez-vous. Même topo. Maison perdue au milieu des bois, pas de réseau, chemin de terre, feuilles mortes, pentes raides… Enfin la totale ! J’ai cru mourir une deuxième fois… Sauf que là , après avoir passé un premier lac de boue j’ai jeté l’éponge et j’ai fait demi-tour avant de monter plus haut dans la montagne… Tant pis pour le deuxième chantier ! Ils ont qu’à retaper des baraques plus accessibles où empierrer les chemins s’ils veulent de la visite !
Grand bien m’a pris puisque j’ai appris une fois au chaud au bureau que la personne m’avait elle aussi posé un lapin en cette journée humide et froide…

Commentaires
hé bé ! te lire fait froid dans le dos !!! heureusement que tu es bien revenu parmi les vivants !!!
héhéhé !!!
tu devrait les appeler le matin avant de partir quand il fait un temps de merde !!!
Pauvre Mica ! Tu es un héros en kangoo! Perso j'aurais certainement perdu patience avant de me retrouver sur ce chemin pourri ! Nico a raison à l'avenir passe un coup de fil avant de te déplacer ça t'évitera de grands moments de solitude ! ça a bien dû te réchauffer tous ces efforts !
la prochaine fois ne prends pas ce risque, s'il fait moche et que le chantier est isolé, et bien reportes ton RDV et c'est tout!
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